Ce constat amène aujourd’hui à nous questionner sur nos modes d’alimentation. Au sein de la population mondiale, environ 88 millions de personnes ont fait le choix de devenir végane et 800 millions de personnes de basculer vers un régime végétarien.
A l’heure où le capitalisme domine et où l’accès à la nourriture semble facile et rapide (en occident), il s’agit de se demander pourquoi la population mondiale tend vers une modification de son régime.
En premier lieu, il convient de définir les différents type de régimes adoptés par l’Homme :
- Le régime omnivore : c’est le régime classiquement adopté par la population mondiale. Il comprend la consommation de produits carnés (viande, poisson), de produits d’origine animale (lait, œuf) ainsi que des produits végétaux.
- Le régime flexitarien : le régime flexitarien se qualifie par une prise de conscience sur l’alimentation et la volonté de mettre un frein à la consommation des aliments carnés sans pour autant l’arrêter.
- Le régime végétarien : ce régime se manifeste par la volonté de cesser de consommer des aliments carnés. L’alimentation végétarienne exclut tous les aliments issus de la « chair animale » mais n’exclut pas les produits d’origine animale (lait, œuf…)
- Le régime végétalien : ce régime exclut tout produit d’origine animale. Le régime végétalien est donc exclusivement composé de produits végétaux.
La raison principale qui motive la transition du régime est la prise en compte du bien-être animal. L’élevage intensif, système de production actuel, se concentre sur une production rapide et importante, à moindre coût, de produits carnés, ou issus de l’exploitation animale. La mise en place de ce système implique de faire des sacrifices afin de favoriser au maximum l’aspect économique de la production. Le grand sacrifice revient alors à la prise en compte des conditions de vie de l’animal « d’élevage ».
L’article R214-54 du code rural et de la pêche maritime organise les dispositions générales s’agissant de la mise à mort des bêtes d’élevages. Notamment l’alinéa 5 dudit article dispose « tout procédé qui, appliqué à un animal, le plonge immédiatement dans un état d'inconscience. Lorsque ce procédé permet un état d'inconscience réversible, la mise à mort de l'animal doit intervenir pendant l'inconscience de celui-ci ».
Si la réglementation impose un étourdissement afin d’éviter les souffrances engendrées par la mise à mort, la réalité est toute autre. Les enquêtes menées par l’association L214, démontrent que la réglementation n’est pas véritablement respectée dans les abattoirs.
En théorie, l’abattage sans étourdissement est admis en matière d’abattages rituels. C’est notamment la certification HALAL en France qui exige la mise à mort sans étourdissement. Pourtant, en 2020, 51 % des abattoirs de boucherie et 17 % des abattoirs de volailles pouvaient pratiquer des abattages sans étourdissement, dans des proportions variables (hors abattage rituel).
Selon les vétérinaires, il faut parfois à un bovin, jusqu’à 11 minutes avant de mourir, lorsqu’il est exécuté par égorgement sans étourdissement.
En-dehors du critère empathique, l’alimentation végane peut offrir des avantages majeurs pour la santé. Les recherches scientifiques ont démontré que les personnes véganes courent moins le risque de développer des maladies cardio-vasculaires, ainsi que des cancers.
En mars 2025, l’Anses a publié un rapport d’expertise faisant le bilan des bienfaits de l’alimentation végétarienne. Notamment, l’Anses identifie que l’alimentation végétarienne est associée à une réduction du risque d’infarctus du myocarde et de maladies des artères coronaires. L’Anses identifie également que le régime excluant la chair animale limite les risques de diabète de type 2.
Également, il résulte qu’une alimentation végétalienne satisfait au besoin nutritionnel de personnes sportives, et parfois même, davantage que l’alimentation omnivore. L’étude NURMI soutient l’idée que l’adhésion à un régime végétal est une alternative appropriée pour les sportifs et sportives d’endurance. Une alimentation végétale, en plus de permettre des performances similaires, voire supérieures à un régime traditionnel, permettrait une meilleure santé et donc plus de régularité d'entraînement et un meilleur état cardio-vasculaire.
C’est ainsi que de nombreux sportifs ont fait le choix de cette alimentation :
- Lewis Hamilton : pilote automobile
- Serena Williams : joueuse de tennis
- Patrik Baboumian : force athlétique
Enfin, le choix de l’alimentation végane est motivé par une prise en compte de l’écologie. A l’heure actuelle, la production de viande et la production de produits laitiers sont intenables pour la planète. L’humanité n’a jamais autant consommé de viande. En effet, selon le Monde, en 2017, 323 millions de tonnes de viandes ont été produites dans le monde.
Le coût de cette production est démesuré. Le dernier rapport de la FAO publié en 2013 estime que l’élevage du bétail, seul, représente 14,5 % des émissions de gaz à effet de serre. Cela représente 7 milliards de tonnes de CO2 par an, soit plus que les États-Unis et la France réunis.
A l’aube de nouvelle crise globale, il s’agit pour la population de conscientiser ces éléments et de raisonner son alimentation.

