Six années plus tard, une nouvelle maladie inquiète : l’hantavirus. Mais qu’est-ce que c’est d’ailleurs ? Ecclésia répond à la question.
L’hantavirus est une maladie transmise par des rongeurs infectés, principalement par l’inhalation de poussières contaminées par leurs urines ou leurs excréments. Le virus se transmet entre humains, mais reste cependant moins contagieux que la Covid-19. Néanmoins, le taux de létalité est bien plus élevé : on l’estime entre 30 et 40 %.
Le patient zéro aurait contracté ce virus lors d’une visite dans une décharge en Argentine afin d’observer une espèce d’oiseaux rares. Les locaux disent fuir cet endroit comme la peste.
Par la suite, l’homme et sa femme ont embarqué à bord du MV Hondius, un bateau de croisière qui deviendra également le foyer du virus. Onze jours après l’embarquement, l’homme meurt et, près de deux semaines plus tard, son épouse décède également.
Lors de l’évacuation d’un malade, 30 autres passagers débarquent et prennent des vols commerciaux pour rentrer chez eux, sans qu’aucun protocole ne soit mis en place. S’ensuit alors une recherche active des possibles cas contacts afin d’empêcher une propagation de l’épidémie.
Cette situation rappelle forcément de mauvais souvenirs. Six ans après la pandémie de Covid-19, le simple mot « virus » suffit encore à faire réagir. Entre inquiétude légitime et souvenirs des confinements, l’apparition d’une nouvelle maladie est désormais scrutée avec une attention particulière par les médias comme par le grand public.
L’Espagne accepte de débarquer les passagers du bateau, mais à une seule condition : chaque pays devra reprendre ses ressortissants.
Mais pourquoi ne pas avoir laissé les passagers du MV Hondius à Tenerife ? Tout simplement pour des raisons économiques. L’île vit du tourisme et, entrant dans une période estivale, il n’était pas envisageable d’associer l’image de l’île au virus. De plus, les autorités ne disposent pas des structures nécessaires.
Cette décision a rapidement fait débat. D’un côté, les autorités espagnoles souhaitaient protéger leur territoire et leur économie. De l’autre, certains observateurs ont dénoncé une gestion davantage guidée par l’image et le tourisme que par des considérations sanitaires. Une question revient alors régulièrement lors des crises : où s’arrête la prudence et où commence la communication politique ?
Malgré la crise sanitaire, le MV Hondius devrait reprendre ses activités dans les prochaines semaines après une désinfection complète et plusieurs contrôles sanitaires. Une décision qui peut surprendre, mais qui témoigne également de la confiance des autorités dans les mesures de prévention mises en place depuis le début de l’affaire.
Du côté de la France, il n’y a pas de circulation du virus. Au total, les 22 cas contacts ont été placés à l’isolement et ont été testés négatifs.
Une nouvelle rassurante qui contraste avec l’ambiance parfois alarmiste observée sur les réseaux sociaux. Comme souvent lors d’événements sanitaires inhabituels, les informations circulent très vite, parfois même plus vite que les faits eux-mêmes. Entre rumeurs, spéculations et titres accrocheurs, il devient parfois difficile de distinguer ce qui relève du risque réel de ce qui relève simplement de l’inquiétude collective.
Le gouvernement se veut optimiste et Emmanuel Macron affirme que la situation est « sous contrôle ». Le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé a déclaré qu’il n’y avait aucun signe laissant présager le début d’une épidémie plus importante, bien qu’il n’ait pas exclu l’apparition de nouveaux cas.
Même si l’hantavirus reste aujourd’hui sous surveillance, les experts se veulent rassurants. Les cas recensés demeurent limités et aucun élément ne permet pour l’instant de parler d’une nouvelle pandémie mondiale. Cela n’empêche pas les autorités de rester vigilantes, notamment en raison du caractère inhabituel de cette souche capable, dans certaines conditions, de se transmettre entre humains.
Finalement, cette affaire nous rappelle une chose : dans un monde où l’on peut traverser plusieurs continents en quelques heures, une crise sanitaire locale peut rapidement attirer l’attention de la planète entière en quelques secondes. Heureusement, la recherche scientifique, les systèmes de surveillance et la coopération internationale sont aujourd’hui bien plus préparés qu’ils ne l’étaient il y a quelques années. De quoi observer l’évolution de la situation avec sérieux… sans pour autant céder à la panique.

