Publication : Dans le département de l’Aube, à l’est de Troyes, la forêt d’Orient couvre environ 80 000 hectares répartis sur 58 communes et compte près de 25 000 habitants. Le territoire se caractérise par l’association de massifs forestiers, de prairies humides et de lacs artificiels issus d’aménagements hydrauliques réalisés au cours du XXᵉ siècle. Contexte historique L’occupation et l’exploitation de la forêt d’Orient sont attestées depuis le Moyen Âge. À partir du XIIIᵉ siècle, l’ordre des Templiers y possède plusieurs domaines agricoles et forestiers. Ces exploitations reposent sur l’utilisation des ressources locales bois, pâturages et ressources en eau et participent à l’organisation économique des campagnes environnantes. Les aménagements hydrauliques du XXᵉ siècle Au début du XXᵉ siècle, les crues importantes de la Seine, notamment celles de 1905, 1910 et 1924, mettent en évidence la vulnérabilité des zones urbaines situées en aval, en particulier en région parisienne.


Dans ce contexte, des projets de lacs réservoirs destinés à réguler les débits de la Seine et de ses affluents sont étudiés à partir de 1925. La réalisation de ces aménagements entraîne des oppositions locales liées aux expropriations et aux transformations du paysage. Malgré ces contestations, le lac d’Orient est mis en eau en 1966. Le chantier mobilise environ 300 travailleurs pour un coût estimé à 147 millions de francs. Le système est complété par la création des lacs du Temple et d’Amance entre 1983 et 1990, reliés par un canal. Ces ouvrages s’inscrivent dans le dispositif de régulation du bassin de la Seine. Milieux naturels et biodiversité La présence des lacs et des zones humides associées a favorisé l’installation d’habitats diversifiés.


Le site accueille un nombre important d’oiseaux migrateurs et bénéficie d’une reconnaissance internationale au titre de la Convention de Ramsar. Plusieurs espaces protégés sont présents sur le territoire, notamment la Réserve naturelle nationale de la forêt d’Orient et la Réserve naturelle régionale des prairies humides de Courteranges. La faune terrestre comprend notamment des cervidés et des sangliers, ainsi que certaines espèces introduites dans le cadre de programmes de gestion écologique, comme les bisons d’Europe, les aurochs reconstitués ou les chevaux tarpans. Les prairies humides et les milieux lacustres constituent des habitats favorables à de nombreuses espèces végétales et animales. Usages actuels Les lacs assurent une fonction de régulation hydrologique, en limitant les crues hivernales et printanières et en soutenant les débits en période d’étiage. Le territoire accueille également diverses activités de loisirs et de tourisme : voile, randonnée, activités nautiques et pêche.


Cette dernière attire des pratiquants provenant de nombreux départements français et de plusieurs pays européens. Ces activités participent à l’économie locale, notamment dans les secteurs de l’hébergement, de la restauration et des services touristiques. La gestion halieutique est notamment assurée par l’AAPPMA des Lacs de la Forêt d’Orient. Gestion du territoire La forêt d’Orient fait partie d’un parc naturel régional. La gestion du territoire repose sur une charte élaborée avec les collectivités locales et les acteurs du territoire. Celle-ci vise à concilier la préservation des milieux naturels, les activités économiques et les usages récréatifs. Conclusion Les aménagements hydrauliques réalisés au XXᵉ siècle ont profondément modifié le paysage de la forêt d’Orient.


Ces transformations ont conduit à la formation de nouveaux milieux naturels et à la diversification des usages du territoire, associant fonctions hydrologiques, activités économiques et conservation de la biodiversité.