Ce vendredi 13 mars, l’ONG Amnesty nous propose la projection du film documentaire Soudan, souviens-toi. Entre poésie, lutte et création, ce film nous renvoie à la triste réalité d’une guerre qui sévit depuis 2023. La guerre civile au Soudan éclate le 15 avril 2023 à Khartoum et trouve ses racines dans une longue histoire d’instabilité politique. Après l’indépendance en 1956, le pays est marqué par plusieurs conflits, dont la Seconde guerre civile soudanaise (1983-2005), qui conduit en 2011 à l’indépendance du Soudan du Sud. Parallèlement, la région du Darfour est en guerre depuis 2003.
C’est dans ce contexte que la journaliste Hind Meddeb réalisé et tourné Soudan, souviens-toi en 2019 à Khartoum. Soudan, souviens-toi : mise en lumière d’une guerre oubliée En 2019, quand Hind Meddeb choisit de tourner ce film documentaire, elle met en lumière un conflit interétatique oublié ou très peu documenté. Au travers le lyrisme d’une jeune soudanaise, Hind Meddeb nous rend compte de la gravité de ce conflit, et des violences qu’il implique. Entre bombardments, assassinat de civils, viols et autres crimes de guerre.
Dans ce film documentaire, on voit les vies fragmentées des soudanais, parfois contraints à l’exil. Genèse de la guerre au Soudan : chronologie et causes d’un conflit intra-étatique Le soudan, pays d’afrique de l’est, est plongé dans une crise profonde depuis le début des affrontements en avril 2023. Pour comprendre ce conflit, il est essentiel de revenir sur les évènements et les dynamiques qui ont façonné la situation actuelle. Les prémices d’une crise (2019-2021) Tout commence avec le renversement d’Omar El-Béchir en avril 2019, après des mois de manifestations populaires. Béchir, au pouvoir depuis 1989, est destitué par l’armée, ouvrant une période de transition incertaine. Un conseil souverain mixte, composé de civils et de militaires, est mis en place pour assurer la transition vers un régime démocrarique. Cependant, des tensions persistent entre les composantes civiles et militaires, notamment autour de la question de la justice transitionnelle et de la réforme du secteur de la sécurité.
En octobre 2021, le général Abdel Fattah Al-Burhan, chef de l’armée, et le général Mohamed Hamdan D'agglo, commandant des Forces de soutien rapide (FSR), mènent un coup d'État militaire. Ce coup d'État met fin à la transition démocratique et exacerbe les tensions entre les militaires et les civils. La communauté internationale condamne fermement le coup d’Etat et suspend son aide au Soudan. L'escale du conflit (2022-2023) Après le coup d’Etat, des négociations sont entamées pour tenter de rétablir un gouvernement civil.
Cependant, les divergences entre l’armée et les FSR persistent, notamment sur la question de l’intégration des FSR dans l’armée régulière. Les FSR, issues des milices Janjawid tristement célèbres pour leur rôle dans le conflit du Darfour, sont perçues par beaucoup comme une force parallèle à l’armée, échappant au contrôle de l'État. En avril 2023, les tensions atteignent un point de non-retour.
Des affrontements éclatent à Khartoum et dans d’autres régions du pays entre l’armée et les FSR. Les causes immédiates du conflit sont liées aux désaccords sur le calendrier et les modalités de l’intégration des FSR dans l’armée.
Cependant, les causes profondes sont plus complexes et incluent des rivalités de pouvoir, des enjeux économiques et des considérations ethniques. Le conflit actuel au Soudan est le résultat d’une accumulation de tensions et de frustrations. La transition démocratique avortée, les rivalités militaires et les enjeux économiques ont créé un cocktail explosif qui a plongé le pays dans une crise profonde.

