En effet, l’ambition écologique de Lyon est marquée par divers travaux visant à améliorer l’espace urbain ainsi qu’à diminuer la pollution de l’air. Ces aménagements passent surtout par des initiatives liées à la mobilité. Comme la création des Voies Lyonnaises en 2021 avec plus de 100 km de pistes cyclables, permettant une baisse de 12% du trafic automobile selon la métropole de Lyon. De plus, la ville a investi dans les lignes de transports en commun, des parkings-relais, le développement du covoiturage ou encore les ZFE. Mais au-delà des chiffres, ce sont les habitants qui s’expriment le mieux.
Les Lyonnais s’expliquent. C'est au parc de la Tête d’Or que les Lyonnais font leurs retrouvailles avec le soleil et s’attardent quelques instants pour répondre à des questions. Dans ce « poumon lyonnais », beaucoup évoquent une amélioration de l’air. Nicole et Emmanuel, un couple de septuagénaires, flânant au bord de l’eau, habitent dans la périphérie lyonnaise et pointent du doigt la mauvaise qualité de l’air qui y règne. Ils soulignent la meilleure gestion de la pollution à Lyon, contrairement à leur ville de Saint-Genis-Laval, qui projette l’implantation d’une chaufferie à bois, émettrice de particules fines, contre laquelle ils ont signé une pétition.
Depuis son stand, Aline se dit très satisfaite de l’air à Lyon. Elle remarque les évolutions faites depuis son enfance et ressent la différence lorsqu’elle est en voyage. « Quand j'étais à Bangkok, j’étais pressée de revenir à Lyon pour respirer convenablement ». Elle qualifie même le parc de la Tête d’Or de « poumon lyonnais ». Guillaume, policier municipal et marié à une asthmatique, est lui aussi d’accord sur cet aspect. Avec sa femme, ils disent ressentir une facilité à respirer à Lyon qu’ailleurs en France.
Néanmoins, son collègue nuance ses propos et reconnaît une mauvaise qualité de l’air dans certains quartiers comme Gerland, actuellement en travaux. Une amélioration réelle mais insuffisante. Les perceptions positives sont en partie confirmées par les données scientifiques comme l’explique Raphaël Desfontaines, délégué territorial d’Atmo Auvergne-Rhône-Alpes. Il affirme que la qualité de l’air s’améliore depuis plusieurs années à Lyon et continue depuis 2019 avec des polluants en diminution. Les particules fines, le dioxyde d’azote et le dioxyde de soufre sont en nette baisse, même si l’évolution de l’ozone reste plus nuancée.
Raphaël Desfontaines précise également que les chauffages individuels au bois représentent une part importante des émissions de particules fines, davantage que le trafic routier, et que leur remplacement permettrait de polluer dix fois moins. L’expert indique aussi que les améliorations sur le dioxyde d'azote sont essentiellement dues à l'amélioration technologique des moteurs de voitures. Raphaël Desfontaines confirme donc l'efficacité partielle des aménagements et rappelle que les seuils recommandés par l’OMS sont encore bien loin d’être atteints par la ville de Lyon.

